Les vaches peuvent être touchées par des maladies infectieuses (fièvre aphteuse, brucellose, tuberculose, IBR), des troubles métaboliques (acidose, fièvre de lait, cétose), des problèmes de reproduction (métrites, rétention placentaire), des parasitoses (strongles, douves, tiques) et des pathologies locomotrices (fourbure, panaris, mortellaro). Les maladies respiratoires comme la pneumonie et les troubles digestifs comme les diarrhées affectent particulièrement les jeunes. Un éleveur doit surveiller quotidiennement l’état général de son troupeau et réagir vite aux premiers symptômes pour limiter les pertes.
Vous voulez savoir quelles maladies guettent vos vaches et comment les repérer ? Je vais vous expliquer les pathologies les plus courantes que j’ai rencontrées en quinze ans d’élevage. Avec mes cinquante Charolaises, j’ai malheureusement vécu pas mal de galères sanitaires. François qui trait ses soixante laitières depuis vingt ans m’a aussi beaucoup appris sur les maladies spécifiques aux hautes productrices. La santé du troupeau reste notre préoccupation quotidienne numéro un.

Les grandes maladies infectieuses réglementées
La brucellose est éradiquée en France depuis 2005 mais reste surveillée. On vaccine obligatoirement toutes les génisses entre 3 et 6 mois. François le fait religieusement tous les ans, 8 euros par animal. Pierre a un voisin dont le troupeau a été abattu dans les années 90 à cause de la brucellose, tout le cheptel liquidé en une semaine. Marcel dit qu’on ne rigole pas avec les maladies réglementaires.
La tuberculose bovine refait surface dans certaines zones. Les campagnes de dépistage obligatoires permettent de la contenir. J’ai mon contrôle tous les ans, le vétérinaire passe injecter la tuberculine et revenir lire 72 heures après. Catherine connaît un éleveur du Périgord dont trois vaches ont été testées positives l’année dernière, abattage obligatoire sans compensation complète. Didier stresse à chaque contrôle jusqu’aux résultats.
L’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) pose moins de problèmes depuis la vaccination. Mes vaches sont toutes vaccinées, 12 euros par tête deux fois la première année puis rappel annuel. François a eu une épidémie d’IBR il y a dix ans avant de vacciner, quinze vaches malades, production de lait effondrée pendant deux mois. Pierre vaccine systématiquement depuis, ça ne vaut pas le coup de prendre le risque.
La fièvre Q et la salmonellose peuvent aussi frapper. Marcel a perdu deux veaux de salmonellose l’hiver dernier, diarrhée foudroyante impossible à stopper. Catherine a eu de la fièvre Q dans ses chèvres qui s’est transmise aux vaches d’un voisin. François dit que ces maladies bactériennes demandent des traitements antibiotiques coûteux et pas toujours efficaces.
Les troubles métaboliques touchent surtout les laitières hautes productrices.

Les maladies métaboliques et nutritionnelles
L’acidose ruminale survient avec trop de concentrés et pas assez de fibres. Le pH du rumen chute, les bactéries meurent, la vache ne mange plus. François a vécu ça sur trois laitières qui sont passées brutalement à une ration trop riche. Elles ont perdu 5 litres par jour chacune en une semaine. Pierre fait très attention depuis qu’une génisse est morte d’acidose foudroyante, le rumen complètement cramé.
La fièvre de lait frappe juste après le vêlage. Le calcium sanguin s’effondre, la vache tombe et ne peut plus se relever. François garde toujours des perfusions de calcium sous la main, une vache en fièvre de lait peut mourir en quelques heures si on ne traite pas. Marcel a perdu sa meilleure reproductrice comme ça, il n’avait pas réagi assez vite. Catherine dit que les vieilles laitières hautes productrices sont les plus à risque.
La cétose apparaît en début de lactation chez les laitières. La vache brûle ses graisses trop vite, produit des corps cétoniques qui l’intoxiquent. François surveille l’odeur de l’haleine de ses vaches fraîches vêlées, une odeur de pomme pourrie signale la cétose. Pierre traite au propylène glycol dès les premiers signes. Didier a eu une vache cétosique qui ne mangeait plus rien pendant huit jours.
Les carences en oligoéléments provoquent des symptômes variés. Manque de sélénium : rétention placentaire, infertilité. Manque de cuivre : poil décoloré, diarrhées. Je distribue des pierres à lécher enrichies et des bolus oligoéléments aux génisses. François fait analyser son foin tous les ans pour ajuster les compléments. Marcel a perdu deux veaux nés blancs à cause d’une carence en cuivre sévère, mort en quelques semaines.
Les problèmes de reproduction coûtent cher en temps et en argent perdu.

Les maladies de la reproduction
Les métrites post-vêlage touchent 20 à 30% des vaches. L’utérus s’infecte après le vêlage, la vache fait de la fièvre, perd un écoulement purulent. François traite systématiquement avec des antibiotiques intra-utérins les trois premiers jours. Pierre a appris à détecter l’odeur caractéristique de la métrite. Marcel dit que non traitée, la vache reste stérile pendant des mois.
La rétention placentaire complique souvent la situation. Le placenta ne sort pas dans les 12 heures après vêlage, il pourrit sur place. François tire délicatement après 24 heures mais sans forcer. Pierre laisse faire la nature et traite aux antibiotiques pour éviter l’infection. Catherine a vu un éleveur arracher le placenta de force, la vache a fait une hémorragie et il a dû l’euthanasier.
Les kystes ovariens perturbent les cycles. La vache ne revient pas en chaleur ou présente des chaleurs anormales. François fait échographier ses vaches qui tardent à être pleines, souvent c’est un kyste. Pierre traite avec des hormones. Marcel a eu une génisse avec des kystes récidivants, impossible à mettre pleine pendant un an, il a fini par la réformer.
Les avortements peuvent avoir de multiples causes. Infections bactériennes, stress, malnutrition, intoxications. J’ai perdu deux veaux l’année dernière, avortement à 7 mois sans cause identifiée. François a eu une vague d’avortements due à la fièvre Q. Pierre surveille particulièrement les génisses primipares plus fragiles. Catherine dit qu’un avortement, c’est une année perdue et 500 euros de frais pour rien.
Les parasites affaiblissent progressivement les animaux.

Les parasites internes et externes
Les strongles digestifs sont les parasites les plus fréquents. Ces vers intestinaux pompent le sang, provoquent diarrhées et amaigrissement. Je vermifuge mon troupeau deux fois par an, printemps et automne. François fait des analyses de bouses pour cibler les traitements. Pierre a eu des génisses infestées qui ont perdu 80 kg en deux mois, l’état déplorable en quelques semaines.
Les douves du foie sévissent dans les zones humides. Ce parasite détruit progressivement le foie, la vache maigrit et peut mourir. Marcel qui a des prairies marécageuses vermifuge spécifiquement contre les douves. François a perdu une vache dont le foie était complètement bouffé. Catherine dit que dans certaines régions, c’est un fléau impossible à éradiquer totalement.
Les tiques transmettent la piroplasmose. La vache fait une forte fièvre, urine rouge, peut mourir en 48 heures. Pierre traite préventivement dans les zones à tiques. François a sauvé une génisse de justesse avec un traitement d’urgence. Marcel inspecte systématiquement ses vaches en fin de pâturage et retire les tiques à la main.
Les mouches agacent et transmettent des maladies. Les stomoxes piquent et font saigner, réduisant la production. Les taons rendent les vaches folles en été. J’utilise des répulsifs en spray pendant les périodes de forte chaleur. François a installé des pièges à mouches dans son bâtiment. Pierre dit que les mouches lui coûtent facilement 10% de production l’été.
Les poux et gales provoquent des démangeaisons intenses. La vache se frotte partout, perd ses poils, s’épuise. Marcel traite au pour-on en automne-hiver quand les vaches sont rentrées. Catherine a eu une épidémie de gale qui s’est propagée à tout le troupeau. François dit qu’il faut traiter deux fois à quinze jours d’intervalle pour tuer les œufs.
Les maladies des pattes immobilisent les animaux.

Les problèmes de locomotion
Le panaris interdigité fait boiter brutalement. L’espace entre les onglons s’infecte, gonfle, la vache ne pose plus la patte. François soigne au permanganate et antibiotiques locaux. Pierre a dû appeler le véto pour inciser un abcès qui ne perçait pas. Marcel dit que non traité rapidement, la boiterie devient chronique.
La fourbure touche surtout les laitières hautes productrices. L’inflammation du pied fait souffrir atrocement, la vache marche sur les genoux. François a eu deux cas après une erreur alimentaire, trop de céréales d’un coup. Pierre surveille la température des pieds de ses fraîches vêlées. Catherine connaît un éleveur qui a dû réformer trois vaches fourbues incurables.
Le mortellaro est une maladie infectieuse du pied. Des lésions rouges et suintantes apparaissent, très douloureuses. François fait passer son troupeau dans un pédiluve désinfectant toutes les semaines. Pierre traite au cas par cas avec des sprays spécifiques. Marcel a éradiqué le mortellaro en améliorant l’hygiène du bâtiment et le parage régulier.
Les déformations des onglons nécessitent un parage. Des sabots trop longs ou mal formés déséquilibrent l’animal et provoquent boiteries et arthrose. Je fais parer mes vaches tous les six mois par un professionnel. François le fait deux fois par an sur ses laitières. Pierre a appris à parer lui-même, ça lui coûte moins cher mais c’est du boulot.
Les fractures et entorses arrivent aussi. Une vache qui glisse sur le béton, qui se coince une patte dans une barrière, qui se bat avec une congénère. François a dû euthanasier une génisse qui s’était cassé la patte en sautant une clôture. Pierre isole systématiquement les blessées pour qu’elles cicatrisent tranquillement. Marcel dit qu’une boiterie chronique réduit la production de 15 à 20%.
La prévention reste la meilleure arme contre toutes ces maladies.
Comment prévenir plutôt que guérir
La vaccination protège contre les principales maladies. Je vaccine contre l’IBR, la BVD, les clostridies. François ajoute les vaccins contre les mammites et les diarrhées néonatales. Pierre vaccine ses génisses pleines pour protéger les futurs veaux. Marcel calcule 50 euros par vache de vaccins annuels, largement rentabilisé par les maladies évitées.
L’hygiène du bâtiment limite les infections. Litière propre et sèche, aération correcte, densité animale raisonnable. François cure son étable toutes les semaines et renouvelle la paille. Pierre laisse ses vaches dehors maximum pour éviter la promiscuité. Catherine dit qu’un bâtiment sale est une bombe sanitaire qui attend d’exploser.
Une alimentation équilibrée prévient les troubles métaboliques. Fibres suffisantes, transition progressive entre rations, minéraux et vitamines adaptés. François fait analyser ses fourrages et équilibrer ses rations par un nutritionniste. Pierre donne toujours du foin à volonté même aux laitières. Marcel ne change jamais brutalement d’aliment, transition sur quinze jours minimum.
Voici les gestes préventifs quotidiens essentiels :
- Observer chaque vache tous les jours : comportement, appétit, rumination
- Vérifier les bouses : consistance normale en galette molle
- Surveiller la locomotion : détecter les boiteries naissantes
- Contrôler le pis : chaleur, gonflement, qualité du lait
- Isoler immédiatement les malades : éviter la contagion
François applique ce protocole depuis vingt ans, il détecte 90% des maladies avant qu’elles ne deviennent graves. Pierre dit qu’un éleveur qui connaît bien son troupeau voit immédiatement quand une vache déconne. Marcel passe une heure par jour juste à observer tranquillement ses animaux, c’est du temps gagné sur les traitements.
Savoir quand appeler le vétérinaire peut sauver l’animal.
Les signes qui imposent le vétérinaire
Une vache qui ne mange plus depuis 24 heures nécessite un examen. L’arrêt d’alimentation peut cacher un problème digestif grave. François appelle systématiquement après 12 heures d’anorexie sur une laitière en production. Pierre a appris à ses dépens, une vache qui a arrêté de manger pendant trois jours est souvent perdue. Marcel dit qu’il vaut mieux une visite pour rien que de perdre l’animal.
Une température supérieure à 39,5°C signale une infection. Je prends systématiquement la température rectale dès qu’une vache me semble bizarre. Au-dessus de 40°C, j’appelle le véto direct. François garde toujours un thermomètre dans sa trousse de premiers soins. Catherine a perdu une chèvre de septicémie faute d’avoir détecté la fièvre assez tôt.
Une vache couchée qui ne peut plus se lever impose l’urgence. Fièvre de lait, fracture, paralysie, les causes sont multiples mais toutes graves. François a sauvé trois vaches en fièvre de lait en les traitant dans l’heure. Pierre a dû euthanasier une génisse paralysée du train arrière. Marcel dit que passé 48 heures couchée, les chances de récupération chutent à 20%.
Les diarrhées hémorragiques ou noirâtres demandent un traitement rapide. Ulcères, parasites, infections graves peuvent tuer en quelques jours. François a perdu un veau de diarrhée noire à 3 semaines. Pierre traite immédiatement toute diarrhée qui ne répond pas en 24 heures aux premiers soins. Marcel isole systématiquement pour éviter la contagion.
Un vêlage difficile qui dure plus de deux heures nécessite de l’aide. La vache s’épuise, le veau souffre et peut mourir. François intervient lui-même si besoin ou appelle le véto pour les cas compliqués. Pierre a un vêleur mécanique mais sait quand il faut une césarienne. Catherine dit qu’on ne joue pas avec les dystocies, ça peut tuer la mère et le veau.
Les maladies des vaches restent donc nombreuses et variées, mais une surveillance quotidienne attentive permet de détecter la plupart des problèmes avant qu’ils ne deviennent graves. Avec mes cinquante Charolaises, je fais le tour du troupeau tous les matins et tous les soirs, j’observe les comportements, je compte les vaches qui ruminent, je vérifie les abreuvoirs et les mangeoires. François fait pareil avec ses laitières qu’il voit deux fois par jour à la traite. Pierre dit qu’un bon éleveur connaît chacune de ses bêtes et repère immédiatement celle qui n’est pas dans son état normal.
La prévention par la vaccination, l’hygiène et l’alimentation équilibrée évite 80% des maladies. Les 20% restants nécessitent une intervention rapide et un bon vétérinaire. Parce que franchement, perdre une vache de 1 500 euros faute d’avoir réagi à temps, c’est non seulement un drame affectif quand on aime ses animaux, mais aussi une catastrophe économique pour des revenus agricoles déjà serrés comme je l’expliquais dans mon article sur les manifestations. Une vache morte, c’est un an de travail parti en fumée, un veau qui ne naîtra pas et un trou béant dans le budget de l’exploitation qui met des mois à se combler.

Je suis Julien, agriculteur exploitant en Eure-et-Loir depuis 15 ans. Je cultive 180 hectares de céréales et élève des vaches Charolaises sur des terres louées via plusieurs baux ruraux. Confronté chaque année aux révisions de fermage, j’ai créé ce site pour aider les fermiers à comprendre et calculer leur fermage en toute transparence. Vous trouverez aussi de nombreux conseils sur les animaux, la gestion de la ferme, la maison et même la décoration. Mon objectif : vous accompagner dans tous les aspects de la vie agricole et rurale.
